Les deux façades de temple sur les murs opposés des fauces de la Casa del Fauno évoquent sans aucune ambiguïté la protection spirituelle (fig. 1 et 2). Pour entrer dans la maison ou la quitter, les occupants et les visiteurs devaient passer entre elles et comprenaient ainsi qu’ils évoluaient dans un lieu particulier. L’imagerie apotropaïque associée à la porte et aux fauces introduisait la notion de protection divine de la maison ; une fois à l’intérieur, les lararia renforçaient cette apparence de sanctuaire.

Les Lararia

Outre les motifs apotropaïques associés aux seuils et la configuration de la maison tournée vers l’intérieur, l’omniprésence des lararia (sanctuaires domestiques) a fortement contribué au concept de la maison en tant que sanctuaire. Ces sanctuaires prenaient différentes formes, depuis les œuvres architecturales impressionnantes situées dans les parties de la maison destinées à une activité sociale importante, comme l’atrium, jusqu’aux simples niches aediculae ornées de petites statues ou encore aux peintures de lararia sur les murs de la cuisine, de la chambre à coucher ou du jardin

La majorité des maisons comprenaient plus d’un sanctuaire, ce qui participait à leur conférer une atmosphère religieuse ou spirituelle. De manière générale, les sanctuaires domestiques ressemblaient aux temples et constituaient le noyau du culte quotidien des dieux de la maisonnée et des esprits ancestraux (fig. 3). Selon la croyance, les esprits tutélaires avaient le pouvoir d’apporter l’harmonie et de protéger la domus en échange des marques de respect et des pratiques cultuelles appropriées (fig. 4). La dévotion envers ces esprits est apparue durant l’Antiquité et s’est prolongée dans sa forme païenne jusqu’au IIIe siècle apr. J.-C., lorsque les sanctuaires domestiques ont commencé à être petit à petit dédiés aux divinités chrétiennes. En revanche, de par sa nature fétichiste, le culte païen incluait les dieux, les ancêtres et les esprits tutélaires dans la structure même de la maison, avec des objets tels que le lararium en guise d’épicentre. Dès lors, les honorer signifiait honorer la maison-même, comme si celle-ci possédait une personnalité anthropomorphique. La plupart des maisons contenaient plus d’un lararium.


Le Culte de la Maison
Casa del Fauno 1
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1 Casa del Fauno, côté gauche des fauces présentant une façade qui évoque un temple

2 Casa del Fauno, côté droit des fauces présentant une façade qui évoque un temple

3 Lararia évoquant un temple, dans l’atrium de la Casa del Menandro, Pompéi

4 Casa dei Vettii, esprits tutélaires dans un lararium situé dans une cour

 

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