Le symbolisme de l’entrée – Janus, les portes et les seuils

Le concept de la maison en tant que sanctuaire se manifestait dès l’entrée. Le seuil de la maison ou de la villa revêtait une signification particulière pour les Romains, qui assuraient sa protection en le reliant à Janus, l’un des plus anciens dieux romains (fig. 1). À l’entrée comme à la sortie, chacun était conscient de cette association et rendait parfois hommage au dieu à l’aide d’incantations rituelles ou de gestes spécifiques. En tant que dieu des passages d’entrée et de sortie, Janus est généralement représenté par deux visages opposés. Le terme latin pour « porte », Ianua, est dérivé de son nom, et la présence dualiste de Janus se retrouve souvent dans le symbolisme de la porte à travers le monde romain. Il est invariablement accompagné de motifs apotropaïques tels que des heurtoirs en tête de lion, des médaillons-boucliers et des couronnes de fleurs commémoratives (fig. 2). La protection du seuil revêtait une signification particulière dans la société romaine, car la porte principale restait ouverte sur la rue durant la journée en guise de preuve de la piété familiale. Même les portes intérieures étaient considérées comme des passages inquiétants ; c’est la raison pour laquelle des symboles favorables ou apotropaïques étaient souvent placés à proximité. En marge des décors et garnitures de portes, ces symboles pouvaient prendre des formes variées ; notamment, des mosaïques de seuil illustrant des chiens de garde ou encore des bas-reliefs de phalli (fig. 3‑5). L’obsession des Romains pour le symbolisme de la porte se reflète dans les nombreuses récurrences du motif de la porte dans les peintures mu-rales, en grande partie recensées dans cette publication.


Les Fauces

Le couloir peu profond situé juste derrière la porte principale d’une maison est généralement désigné par le terme fauces (littéralement, la « gorge » de la maison). À l’instar du seuil, il était doté d’une imagerie apotropaïque ou protectrice, supposée éloigner le mal. La plus célèbre de ces représentations est la mosaïque Cave Canem (« prenez garde au chien »), située sur le sol des fauces menant à la maison du Casa del Poeta Tragico (fig. 6). Des images semblables de chiens de garde étaient aussi peintes sur les murs de l’entrée, et leur présence ne laissait aucun doute aux visiteurs sur le caractère inviolable de l’espace de la maison. Outre les images protectrices, les fauces contenaient aussi des motifs illustrant une gamme de récits de bon augure liés à l’arrivée en toute sécurité, à la protection physique et à la prospérité spirituelle. Par exemple, les mosaïques de sol où figuraient des ancres tenaient lieu de métaphores pour une arrivée en toute sécurité (point d’ancrage sûr, fig. 7), tandis que la présence de divinités, comme le dieu de la fertilité Priape, bénissait la maison et ses occupants.

Le Culte de la Maison
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1 Janus, dieu romain des passages d’entrée et de sortie, tout particulièrement des portes (Ianua)

2 Encadrement de porte apotropaïque, couronne de fleurs commémorative

3 Mosaïque de chien de garde, fauces, Casa Cuspius Pansa, Pompéi

4 Phallus à vocation apotropaïque accroché à un mur, Museo Archeologico di Napoli

5 Phallus ailé et fleurons en forme de phalli dans une structure en forme de temple, mur extérieur de la Via Abbondanza, l’une des artères principales de Pompéi

6 CAVE CANEM, mosaïque située dans les fauces de la Casa del Poeta Tragico, Pompéi
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