Entre la fin du XVIIe et la fin du XIXe siècle, la plupart des grands peintres européens se sont rendus en Italie pour étudier l’héritage pictural national. L’arrivée du « père de peinture américaine », Benjamin West (1738‒1820), a marqué les prémices de l’histoire d’amour entre les États-Unis et la peinture italienne (fig. 1). D’autres artistes américains, dont Thomas Cole (1801‒1848), William Louis Sonntag (1822‒1900) et Robert Scott Duncanson (1821‒1872), n’ont pas tardé à suivre le mouvement (fig. 2 à 4). Plusieurs peintres parmi les plus influents du XXe siècle se sont rendus en Italie, ont visité Pompéi et ont été fortement influencés par cette expérience. Parmi ces derniers figuraient Pablo Picasso (1881‒1973), Giorgio de Chirico (1888‒1978), Mark Rothko (1903‒1970) et Cy Twombly (1928‒) (fig. 5 à 8). Des publications comme Roman Painting, (les éditions Skira, 1953), ont convaincu plusieurs artistes américains, comme Mark Rothko et Will Barnet, de découvrir Pompéi. Bien souvent, une simple visite suffisait pour changer significativement l’approche d’un artiste vis-à-vis de la peinture. Arnold Böcklin (1827‒1901) en est des premiers exemples. En effet, ses peintures ont connu des changements radicaux après sa visite de Pompéi, en passant des paysages allemands teintés de mélancolie aux portraits vibrants, mi-magiques, mi-réalistes, d’êtres mythologiques (fig. 9). Le rêve italien s’imposait alors comme le summum du bon goût à travers l’Europe, pour l’élite autant que pour les classes populaires, si bien que les amateurs nantis des deux côtés de l’Atlantique achetaient des peintures dépeignant une Italie idéalisée. Les acquéreurs aux fonds plus modestes  se procuraient des impressions. Les peintures et de Claude Lorrain et les reproductions imprimées de ses œuvres étaient particulièrement populaires auprès des propriétaires terriens en Angleterre, et de nombreux domaines somptueux, comme le domaine de Stourhead, étaient façonnés selon les paysages idylliques du peintre. L’ironie du sort a voulu que ces paysages italiens idéalisés soient reconnus par la suite sous le nom de « jardins à l’anglaise ».

La « Néoclassicisation » de Pompéi
Benjamin West The Power of Love in the Three Elements 1809, 1
The Architect’s Dream, oil painting by Thomas Cole 1840 2
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5. Magenta, noir, vert sur orange, Mark Rothko, 1949, Museum of Modern Art, New York

6. Léda et le Cygne, Cy Twombly, 1963

7. La Flûte de Pan, Pablo Picasso, 1923, Musée Picasso, Paris

8. Le Rêve transformé, Giorgio de Chirico, 1913, Saint Louis Art Museum, Missouri

9. Nessus et Déjanire, Arnold Böcklin, 1898, Pfalzgalerie, Kaiserslautern, Allemagne